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La Généalogie
par Michel Péroche, ancien animateur de la section Généalogie de l'AVR.
Exposé du 31 mars 2010.

PRÉAMBULE

Vous avez ressenti le besoin de vous intéresser à la généalogie.
Tant pis pour vous !
Pour des raisons qui sont les vôtres, vous avez décidé de faire de
la " généalogie " un passe temps.
Eh bien vous avez tort ! Vous avez tort pour plusieurs raisons :
1) Tout d'abord, ce ne sera ni un passe temps de plus, ni un hobby pour combler vos moment perdus, ==> ce sera un emploi à plein temps :
2) Ce ne sera pas la collation impersonnelle de noms de personnes que vous imaginez, ==> cela deviendra une passion. Une passion pour les gens que vous allez découvrir ; une passion pour les lieux et les périodes où vous allez les rencontrer ; une réelle passion pour ce qu'ils ont vécu, pour ce qu'ils sont devenus ; et pire, vous allez vous surprendre à vous attacher à certains d'entre eux.
Mais, puisque votre décision est prise, je me garderai bien de vous faire changer d'avis.

INTRODUCTION

En économie, on distingue la micro-économie (étude des comportements des ménages et des entreprises) de la macro-économie qui est l'étude des grands agrégats économiques qui pourtant n'est que la somme des comportements micro-économiques. Par analogie, je décris la généalogie comme une partie de la micro-histoire par opposition à l'Histoire avec un grand " H " telle qu'elle est évoquée dans les manuels scolaires, alors que cette dernière n'est que l'agrégat des comportements individuels dans l'espace temps observé.
Cela veut dire que chacun de vos ancêtres a vécu son histoire et par cela même il a contribué à écrire l'Histoire tout simplement. Afin d'éviter de faire un " cours " complet donc inutile et rébarbatif, volontairement, je n'évoquerai que des généralités directement applicables dans le cadre de vos premiers pas. Dans ce cadre, et je vous prie de bien vouloir m'en excuser, je ne parlerai pas aujourd'hui des cas particuliers des Protestants, des Juifs, ni des recherches à l'étranger.

1. - LE CADRE:

Je vais tout d'abord décrire succinctement le cadre légal dans lequel vous allez évoluer. Le connaitre vous permet de vous situer dans le temps, est une aide à la réflexion lors des vos recherches et surtout, d'en connaitre les limites, même s'il ne faut jamais s'avouer vaincu.

1.1 - L'ÉTAT CIVIL

En France, mais aussi dans la plupart des pays de l'Europe de l'Ouest, l'autorité religieuse a très tôt souhaité répertorier les individus ayant reçu le baptême ou enterrés dans la religion. L'état civil sert aussi de preuve dans les procès, raison pour laquelle les différents gouvernants l'ont rendu obligatoire puis ont progressivement accru les mentions qui y sont portées.
Le plus vieux registre conservé est celui de Givry, en Saône-et-Loire, puisqu'il remonte jusqu'à l'année 1303. En 1406 c'est l'évêque de Nantes, Henri le Barbu qui s'intéresse à l'état civil, suivi dans le courant du XVe siècle par ses confrères de Saint-Brieuc (en 1421) et de Dol-de-Bretagne en 1446.
Mais l'acte officiel instituant la tenue obligatoire de registres des baptêmes et des sépultures date de 1539. C'est la fameuse ordonnance de Villers-Cotterêts signée par le roi François Ier de France, ordonnance par ailleurs célèbre par l'obligation faite d'utiliser le français dans tous les actes officiels. Seuls quatre articles de cette ordonnance sont consacrés à l'" état civil ".
Les registres de mariages ne sont créés qu'à partir de 1579 conformément à l'ordonnance de Blois.
C'est en avril 1667, dans l' ordonnance touchant réformation de la justice " (aussi dite " ordonnance de Saint-Germain-en-Laye ") que la tenue des registres en double est en principe rendue obligatoire, réduisant fortement la perte totale des informations pour cause de troubles, guerres, incendies ou dégradations par les rongeurs. L'un des exemplaires, dit " grosse " devra être conservé par le greffe du bailliage tandis que l'autre, la " minute ", après avoir été paraphé, retournera entre les mains du curé desservant la paroisse.
Dans les faits, dans l'immense majorité des paroisses, c'est seulement à partir de la déclaration du 9 avril 1736, rappelant et complétant l'ordonnance de 1667, que l'obligation de tenue en double des registres sera réellement généralisée. Cette déclaration prescrit notamment l'obligation pour le curé, les comparants et les témoins de signer, apposer une croix au bas de l'acte ou déclarer ne savoir signer ce qui devra être aussitôt retranscrit.
L'Édit de tolérance, signé par Louis XVI en 1787, permit aux personnes non catholiques de bénéficier de l'état civil sans devoir se convertir (ou faire semblant) au catholicisme. Les principaux concernés furent les protestants (les juifs n'étaient pas sujets du roi de France).
L'acte de naissance de l'état civil proprement dit (car les registres paroissiaux ne concernaient que les catholiques jusqu'en 1788, puis les catholiques et les protestants) date du 20 septembre 1792. Les " BMS " (registres de Baptêmes, Mariages et Sépultures) deviennent les " NMD " (Naissances, Mariages et Décès), normalisés dans leur tenue et rédaction. Une table annuelle récapitule les actes de l'année, les registres sont tenus par commune et c'est le maire qui en est responsable en tant qu'" officier de l'état civil ". Les registres paroissiaux subsistent mais n'ont plus de caractère officiel. Le 17 juin 1796 l'état civil est imposé dans les départements français situés en Belgique. À la suite de l'incendie de l'Hôtel de Ville et du Palais de Justice de Paris en 1871 est institué le livret de famille qui se généralisera en France à partir de 1884.
L'état civil se perfectionne en 1897 avec le report en marge (mention marginale) de l'acte de naissance des conditions du mariage ou divorce puis en 1922 avec l'introduction de la date et du lieu de naissance des parents dans les actes de naissance des enfants et, depuis 1945, les dates et lieux de décès et autres modifications de l'état civil sont retranscrits en tant que mention marginale de l'acte de naissance.

1.2 - Les BORNES


1.2.1 - Maxi
Villers-Cotterêts : ordonnance de 1539.
Obligation est faite aux curés du Royaume de tenir un registre des baptêmes, mariages et sépultures (BMS). Il a fallu un siècle avant que l'ordonnance soit respectée à peu près partout. Il sera remplacé par le registre d'état civil à la révolution (NMD).
Entre le 10 et le 15 août 1539, François 1er signe à Villers-Cotterêts une ordonnance de 192 articles. Capitale pour l'avenir de la France, cette ordonnance établit que tous les actes légaux et notariés seront désormais rédigés en français en remplacement du latin.
L'ordonnance a été rédigée par le chancelier Guillaume Poyet. Grâce à elle, le peuple a ainsi accès aux documents administratifs et judiciaires sous réserve qu'il parle la "langue d'oïl" pratiquée dans le bassin parisien et sur les bords de la Loire.


CXI. "Et pource que telles choses sont souventeffois ad-venues sur l'intelligence des motz latins contenuz esdictz arrestz, nous voulons que doresenavant tous arretz ensemble toutes autres procédeures, soyent de noz cours souveraines ou autres subalternes et inférieures, soyent de registres, enquestes, contractz, commissions, sentences, testamens et autres quelzconques actes et exploictz de justice, ou qui en dépendent, soyent prononcez, enregistrez et délivrez aux parties en langage maternel françois, et non autrement".

L'article 111 "Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l'intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, ou qui en dépendent, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel et non autrement ".

L'édit royal consacre le rôle unificateur de la langue française et institue ce qui deviendra l'état civil en exigeant des curés des paroisses qu'ils procèdent à l'enregistrement des naissances, des mariages et des décès.

1.2.2 - Mini


La loi du 15 juillet 2008 relative aux archives a été publiée au Journal Officiel. Schématiquement, les nouveaux délais de communication des archives deviennent:
-75 ans : État civil, dossiers judiciaires, enregistrement, minutes notariales, registres matricules.
- 75 ans : Dossiers de personnel.
- 120 ans : Dossiers médicaux : à compter de la date de naissance de l'intéressé si le décès n'est pas connu.
- 50 ans : Dossiers médicaux : à compter de la date de naissance de l'intéressé si le décès est connu.

2. - LES TRAVAUX

2.1 - Éludons les questions

2.1.1 - Jusqu'où peut-on espérer remonter ?

Généralement, on peut remonter jusqu'au XVIIe siècle. Mais tout dépend :
- Des archives : leur ancienneté varie d'une région à l'autre, d'une commune à l'autre. - Du milieu social et culturel : alors qu'il est quasiment impossible d'établir la généalogie d'un enfant abandonné, vous pouvez espérer remonter jusqu'au Moyen Age si vous avez des ancêtres nobles.

2.1.2 - Combien de temps faut-il pour faire sa généalogie ?

- Tout dépend du temps que vous avez, mais surtout de vos ancêtres !
- Si vos ancêtres sont tous de la même région, vous avancerez plus vite qu'une personne effectuant des recherches dans 18 départements ou dans plusieurs pays.
- Il est aussi plus difficile de suivre des ancêtres qui migrent comme les sabotiers que des familles établies dans le même village depuis 10 générations
. 2.2 - On commence !

La première étape consiste à collecter les documents et les informations :
- Chercher les papiers de famille
- Demander les actes de l'état civil.

2.2.1 - Quelques sigles et abréviations
:

Naissance : ° Baptême : b
Mariage : x Remariages : x2, x3…
Contrat de mariage : Cm Décès : +
Avant 1610 : …./1610 Après 1610 : 1610/….

Exemples : °12.04.1710, x 21.06.1735, +05.07.1773.

2.2.2 - La numérotation

2.2.2.1- Généalogie ascendante : Sosa-Stradonitz.

Vous êtes le de cujus ou le Sosa n° 1.
Ahrr ! On y est !
Je vous épargnerai le cours de droit ; en généalogie, le de cujus est la personne à partir de laquelle vous débutez votre généalogie soit le Sosa n° 1.
Re-ahrr !
Sosa n° 1 : Quesako ?
Numéro de Sosa (pour les puristes : Sosa-Stradonitz) :

Jérôme de Sosa présenta en 1676 une méthode de numérotation des ancêtres pour les généalogies ascendantes. Il reprend en cela la méthode d'un autre auteur : Michel Eyzinger qui, en 1590, avait déjà utilisé un système de numérotation similaire.
Cette méthode fut reprise en 1898 par Stephan Kekulé von Stradonitz (1863-1933). Ce généalogiste popularisa la méthode dans ses travaux d'ascendance de souverains européens et de leurs conjoints.

 
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La méthode de numérotation dans le cadre d'une généalogie ascendante :

Elle attribue le numéro 1 à l'individu étudié (le " de cujus ") puis le numéro deux à son père et trois à sa mère. Chaque homme a un numéro double de celui de son enfant (2n) et chaque femme un numéro double de celui de son enfant, plus un (2n + 1).
Chaque degré d'ascendance a un effectif théorique correspondant à la puissance de 2 qui est celle du degré. En même temps, le plus petit numéro d'ascendance de ce degré est le même que l'effectif théorique du degré. Ainsi, au degré des trisaïeuls, dont l'effectif théorique est de 16 (24), le plus petit numéro d'ascendance est 16, celui du grand-père paternel du grand-père paternel du sujet.
Donc, afin de s'y retrouver, chaque personne est dûment numérotée. Nous sommes le n° 1 (pour une fois…), puis notre père le n° 2 et notre mère le n° 3. Notre grand-père paternel le n° 4, grand-mère paternelle n° 5, grand-père maternel n° 6, grand-mère maternelle n° 7.
On observe que, à part le " point de départ ", tous les hommes portent un n° pair et les femmes un n° impair.
En conséquence, le père d'un ancêtre quelconque (pris dans le sens mathématique du mot) porte le n° correspondant au double du n° de cet ancêtre.
Sa mère, le double + 1.

Et juste pour se faire peur, combien a-t-on d'ancêtres théoriques ?
On sait que la somme d'une progression géométrique est :

S = a (qn - 1) / (q - 1)

=> à la 3e génération : 7 ancêtres : 1 x [(23 - 1) / (2 - 1)] soit : 8 - 1 soit : 7
=> à la 10e génération : 1 023 ancêtres : 1 x [(210 - 1) / (2 - 1)] soit : 1024 - 1
=> à la 15e génération : 32 767 ancêtres : 1 x [(215 - 1) / (2 - 1)] soit : 32768 - 1 => à la 20e génération : 1 048 575 ancêtres théoriques.

2.2.2.2 - Généalogie descendante : Aboville

Elle est bien plus simple, puisque tout bonnement décimale.
Partir d'un ancêtre de départ. S'il a 6 enfants, ils porteront dans l'ordre de progéniture, les n° 1, 2, 3, 4, 5 et 6.
Prenons le 5e, père à son tour de 4 enfants : ils seront les n° 51, 52, 53 et 54.
À leur tour, les 2 enfants du 53 seront les 531 et 532. Etc.
La méthode est souple. Il faut simplement prévoir des compléments pour les familles de plus de neuf enfants (0, &, $...)
La combinaison des 2 méthodes est possible. Si vous établissez la généalogie descendante de votre ancêtre n° 64, vous pouvez être par exemple, le n° 64/21412.

2.2.3 - Les Implexes

En langage soutenu :
L'implexe est un terme utilisé en généalogie qui désigne le rapport entre le nombre réel et le nombre théorique d'ancêtres d'une personne.
Comme on vient de le voir, le nombre d'ancêtres d'une personne est multiplié par 2 à chaque fois que l'on remonte d'une génération. En comptant en moyenne 25 ans par génération , une personne née en 1975 a 8 ancêtres nés en 1900 (2x2x2), 128 nés en 1800, 2 048 nés en 1700, ..., 2 147 483 648 nés en 1200 alors que la population dans les limites actuelles de la France se montait à l'époque à environ 20 millions d'habitants, et la population mondiale n'a atteint un milliard qu'au XIXe siècle.
La différence entre le nombre théorique et le nombre réel d'ancêtres s'explique par l'existence des mariages entre personnes apparentées. Ce type d'union est accentué en partie par les phénomènes d'endogamie qui poussaient les membres de la société à trouver un conjoint au sein de la même communauté géographique, parentale ou professionnelle.
La formule de calcul de l'implexe est la suivante :

(nombre ancêtres théorique à la génération n - nombre réel) / nombre théorique = implexe (exprimé sous forme de %).

Un pourcentage élevé indique un grand nombre de mariages entre ancêtres apparentés.
Les enfants d'un mariage entre cousins germains ont un implexe d'au moins 50%. Le cas le plus célèbre d'implexe élevé est celui du roi d'Espagne Alphonse XIII qui, à la 11e génération, n'avait que 111 ancêtres différents au lieu des 1 024 théoriques ce qui donne un implexe de (1024 - 111) / 1024 = 89 %.
L'implexe se détermine pour une génération donnée. L'implexe pour une génération plus éloignée est obligatoirement supérieur ou égal à l'implexe calculé.

En langage familier (jargon généalogique) :
Un implexe se traduit par un mariage consanguin : une personne se marie avec son cousin germain. Lorsqu'on réalise un arbre ascendant à partir d'un enfant de ce couple, nous constatons que l'arbre comprend deux branches identiques (les parents ont des grands-parents en commun). Ainsi ces ancêtres communs possèdent 2 n° de Sosa.
À titre d'exemple, mon ancêtre MANTEL François, bourgeois de Lillers °1574/1576 x13/06/1597 à Lillers (62) +1640/…. est tout à la fois mes Sosa n° : 3332 ; 3338 ; 7140 ; 7146 ; 3842 ; 7736 ; 7940 ; 7946 ; 16356 et 16362.

2.2.4- LE VIF DU SUJET

2.2.4.1- Chercher les papiers de famille.

Cherchez d'abord les livrets de famille qui n'existent que depuis les années 1870. Ce sont des mines d'informations. Cherchez aussi :
- Carte d'identité, passeports
- Livrets militaires
- Actes notariés comme les contrats de mariage "
- Les correspondances, faire-part (très précieux)
- Les photographies.

2.2.4.2 - Collecter les actes d'état civil complets
(naissance, mariage, ...) :

Vous devez donc demander ces actes aux mairies où ont eu lieu ces événements. Avec ces premiers éléments, vous demandez ensuite aux services de l'état civil les actes concernant vos parents (Sosa 2 et 3). En effet, sur votre acte de naissance figure la date et le lieu de naissance de vos parents. Vous trouverez sur leur acte de naissance, en mention marginale, leur date et lieu de mariage...

2.2.4.3 - Comment mener cette enquête:

Il n'y a qu'une solution, interroger la famille. Allez voir les doyens de la famille qui pourront vous renseigner en vous donnant des noms, des dates, des lieux... Le livret de famille est souvent conservé au fond d'un tiroir...Cherchez qui le possède et faites une photocopie.
Sortez les photographies qui font toujours jaillir des souvenirs. Vous trouverez des membres de votre famille inconnus pour vous.
Visitez les cimetières. Notez les épitaphes qui donnent souvent quelques renseignements : nom, prénom, année de naissance et décès...

2.2.4.4 - Quelques conseils pour vos recherches généalogiques:

- Utilisez un cahier plutôt que des feuilles volantes que l'on perd facilement...
- Dans ce cahier, notez tout ce que vous trouvez au fur et à mesure de vos recherches.
- Mentionnez la source, la date de découverte de l'information...
- Pour vos recherches généalogiques, ne vous cantonnez pas à un seul type de document.

 
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3. - DES OUTILS POUR LES XXe ET XIXe SIÈCLES

Je pars du principe qu'aucun d'entre nous n'est né au XXIe siècle.
Je reste dans les généralités et ne rentre pas dans les détails de chaque région. Par exemple problème de destruction d'archives parisiennes et absence de recensements ou destruction du Gros d'Arras pendant la guerre de 14.

Le XXe siècle va vite être traité par vos recherches. Il s'agit en effet principalement de vous et vos parents.

En ce qui concerne le début du XXe et XIXe siècle :

Tables décennales :

Récapitulatif des actes dressés dans la commune par période de 10 ans (ex. : 1852-1862). Elles donnent par lettre alphabétique (se méfier d'un éventuel déclassement ou orthographe incorrecte) : la nature de l'acte, la date, le n° de l'acte et le ou les noms des personnes concernées. Ces tables vous permettront d'accéder plus rapidement aux pages (folios) des registres qui vous intéressent.

Registres :

Trois sortes de registres : naissances, mariages, décès. Ils comportent fréquemment, à la fin de chaque année, une table des actes dressés. Leur présentation n'est pas uniforme. Ils sont souvent reliés par période de 10 ans

Recensements :

Ils sont communicables de 1836 à 1946. Ils sont effectués tous les 5 ans (années finissant en 1 et 6) sauf en période de guerre.
Ce sont des documents très intéressants, ils permettent en effet de retrouver :
Lieu exacte de l'habitation
Composition de la famille Niveau de vie (domestiques, valet, bergers …) - Profession
Ils permettent de donner une photographie précise de la famille à une date précise.

Acte de naissance :


Nom, prénoms et sexe du nouveau-né
Date, heure et lieu de naissance
Noms, prénoms, professions et domicile des parents
Age (avant 1922), date et lieu de naissance (après 1922) Nom des témoins
Ages, professions, et parfois liens de parenté
Mentions marginales (après 1897):
-Date et lieu de mariage
-Noms et prénoms des conjoints
-Date et lieu de divorce
-Jugement d'adoption
-Changement de nom
-Date et lieu des décès postérieurs à 1945.

Acte de mariage :

Date et lieu de mariage
Noms et prénoms des mariés
Dates et lieux de naissance
Adresses et Professions
Si veuf (ou veuve) date et lieu de décès du précédent conjoint avec nom et prénoms Si divorce : date et lieu
Si contrat de mariage : date, identité du notaire
Les parents des mariés : noms, prénoms professions, domiciles, vivants ou décédés. Les témoins : noms, prénoms, âges, professions, domiciles, liens de parenté. Mentions marginales :
Annulation, date et lieu du divorce,
Séparation de corps,
Légitimation d'enfants avec leur identité et date de naissance.
C'est l'acte le plus intéressant car il donne des renseignements sur les deux branches et permet de connaître le lieu de naissance du premier enfant (enfin, presque).

Acte de décès :

Nom et prénoms du décédé, heure, date, lieu, domicile
Nom et prénom du conjoint
Filiation
Date et lieu de naissance ou âge
Noms et prénoms des déclarants, résidences, professions, âges et liens de parentés C'est l'acte le plus difficile à trouver car on meurt parfois loin de son lieu de naissance.

Listes électorales : Les faiblesses des listes électorales sont que seules les personnes qui sont autorisées à participer aux élections y figurent : " avant 1848 : les hommes les plus fortunés (suffrage censitaire), " jusqu'en 1945 : les femmes et les militaires n'ont pas le droit de vote.

4. - MÉTHODOLOGIE

Au terme de l'étape préliminaire, vous avez demandé votre premier acte, la plupart du temps, un acte de décès. Soyez patients, certaines mairies peuvent être très longues à répondre. En moyenne, comptez huit à dix jours, restant entendu que vous n'avez pas oublié de joindre une enveloppe timbrée et que vous avez indiqué une date la plus exacte possible.
Vous avez sous les yeux votre premier acte d'état civil. Il donne des éléments sur la personne concernée (selon les cas, le nouveau-né, le marié ou le défunt), et sur les témoins. Vous obtenez ainsi son lieu de naissance, sa date de naissance éventuellement le nom de sa veuve etc. : des éléments qui vous permettent de remonter le temps d'actes en actes de personnes en personnes.
À ces actes, ont été ajoutées des mentions marginales dont le principe est simple : à partir de 1897, toute mairie française enregistrant un acte de mariage en informe, à fin de mention en regard de l'acte de naissance, les mairies des communes natales respectives de chacun des mariés.
De même, à partie de 1945, toute mairie française enregistrant un acte de décès en informe, dans le même but, la mairie du lieu de naissance de défunt.
Attention, ce n'est qu'à partir de 1922 que les actes de naissances indiquent les dates et lieux de naissance des parents de l'enfant. Avant, ils se contentent de leur âge. Faute d'indication précise il va falloir construire et mener une recherche ; c'est là tout le sel de l'affaire ! Une véritable enquête policière ! Cluedo est de la " petite bière ".

Recommandations :
1°) n'écrivez pas à une mairie sans lui donner de date précise. Sans précision, elle n'est pas tenue de délivrer un acte d'état civil. Une telle démarche est donc à mener soi-même à la mairie ou aux archives départementales concernées.
2°) le calcul de l'année de naissance des parents ne donne pas une date précise. Les âges indiqués étant approximatifs, surtout en début ou fin d'année, prenez par sécurité une fourchette qui englobe l'année calculée théorique de naissance.
3°) lors de vos recherches, tenez-vous aux informations que vous recherchez. Ne vous dispersez pas.
4°) vous faites un travail d'historien. Vous devez réfléchir et décider en scientifique. Conservez un œil critique sur toute information qui vous passe entre les mains. Ne prenez aucune d'entre elles, surtout de source extérieure à vos recherches, comme vraies. Toute information doit être vérifiée. Citez vos sources.

 
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5. - DÉBUT DU XIXe : une partie de plaisir : le Calendrier républicain ou révolutionnaire

Le calendrier républicain est institué pendant la révolution par la Convention le 5 octobre 1793.
Il est annulé par Napoléon le 1er janvier 1806 et est remplacé par le calendrier grégorien.

5.1. - Principe du calendrier républicain.

Il commence au 22 septembre 1792 (jour de l'établissement de la République). C'est ainsi qu'il n'y a pas de An I.
Il est en application du 1er Vendémiaire An II (01/09/1793) jusqu'au 10 Nivôse An XIV (31/12/1805)
L'année est divisée en 12 mois de 30 jours.
Chaque mois est divisé en 3 décades (10 jours). 5 jours sont rajoutés (360 + 5 = 365) : les sans-culottides : Vertu, Génie, Travail, Opinion et Récompenses.
Le jour supplémentaire des années bissextiles est la fête de la révolution.

5.2. - Les mois du calendrier républicain

L'automne
Vendémiaire (mois des vendanges)
Brumaire (mois des brouillards)
Frimaire (mois des frimas)

L'hiver
Nivôse (mois de la neige)
Pluviôse (mois de la pluie)
Ventôse (mois du vent)

Le printemps
Germinal (mois de la germination)
Floréal (mois des fleurs)
Prairial (mois des prairies)

L'été
Messidor (mois des moissons)
Thermidor (mois de la chaleur)
Fructidor (mois des fruits)

5.3. - Les jours du calendrier républicain


Le temps comme le nouveau système des poids et mesures est désormais décimal. La semaine, appelée décade, durera 10 jours : primidi, duodi...
Des noms de plantes, d'outils ou d'animaux tels tomate, faucille ou chien remplacent les noms des Saints.

5.4. - Comment convertir une date du calendrier républicain


Vous pouvez vous aider de la table de concordance qui permet grâce à un tableau de trouver rapidement la date dans le calendrier grégorien.
Je conseille d'avoir toujours une table de concordance lorsque vous allez faire vos recherches.
Si vous employez un logiciel de généalogie, vous trouverez certainement une fonction de conversion.
Dans le logiciel Généatique, par le menu Aide, vous trouverez une commande " Manipulation sur les dates " qui vous permettra de convertir des dates d'un calendrier à un autre. Je recommande également un petit logiciel qui se nomme " Ramcal ". Je crains qu'il soit maintenant payant.

5.5. - Calendrier Républicain - Table de concordance


Ce tableau indique à quelle date grégorienne correspond le jour de chaque mois républicain.
Exemple : le 12 Frimaire an III
- Vous cherchez dans la colonne An III
- Vous cherchez la ligne 1er frimaire et 15 Frimaire
- Vous calculez 15 moins 12 = 3
- Comme le 15 frimaire an III correspond au 5 décembre, vous calculez 5 moins 3 = 2.
------Le 12 frimaire an III correspond au 2 décembre 1794.

 
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Calendrier républicain : de l'an II à l'an VII