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Les Cathares
écrit par Jean-Stéphane Binet dans les années 70
Texte dit par Claude et Jean-Stéphane Binet le 9 février 2011

Les Cathares (totalement différents des catarrhes) sont présentés en duo (cela se fait beaucoup aux AVR) par Claude et Jean-Stéphane.

Nous n'allons pas retracer in extenso l'exposé mais rappeler les faits les plus importants de ce mouvement hérétique.

Situation de l'Eglise dans le Midi aux XIIème et XIIIème siècles : foi importante (beaucoup d'abbayes cisterciennes et beaucoup d'églises) mais clergé corrompu. Saint Bernard disait "Les basiliques sont sans fidèles, les fidèles sans prêtres, les prêtres sans honneur ; il n'y a plus que des chrétiens sans Christ". Les évêques associaient pouvoir spirituel et pouvoir temporel. "Cathare" vient d'un mot grec signifiant "pur". Les Cathares prétendaient être les vrais chrétiens car ils avaient conservé la pureté et la simplicité de l'Eglise antique. Il y a en effet ressemblance étonnante entre leur rituel et les cérémonies de la primitive Eglise.

D'après les Cathares, l'Eglise est sortie du droit chemin quand, de persécutée, elle devint officielle, c'est-à-dire après l'édit de Milan, promulgué par l'Empereur Constantin en 313, et qui instituait la liberté religieuse. Il y eut des précurseurs : les Bogomiles (hérétiques bulgares du Xème siècle). La 1ère apparition du catharisme remonte au tout début du XIème siècle à Orléans. Mais les terres d'élection de ce mouvement furent le Midi et le nord de l'Italie. Les capitales du catharisme furent Toulouse, Milan et Florence. La plupart des documents cathares et des livres initiateurs ont complètement disparu, brûlés à l'autodafé qui terminait chaque procès de l'Inquisition, détruits par les Croisés, ou si bien cachés par les Cathares eux-mêmes qu'ils demeurent introuvables.

Doctrine : Dieu, infiniment parfait, ne peut être le créateur d'un monde mauvais. Le monde (la matière) est l'œuvre du Dieu du Mal (Satan) qui combat le Dieu bon.
La vie est mauvaise dans son essence et il faut détruire la force de désir que chacun porte en soi et qui est la cause du mal. La puissance de ce désir nous précipite après la mort dans une nouvelle réincarnation terrestre tant que le Saint-Esprit ne nous a pas révélé la sagesse divine par le Consolamentum qui fait du "croyant" un "parfait". Le sacrement consiste dans l'imposition des mains par le ministre et par tous les "parfaits" qui assistent à la cérémonie. L'Esprit Saint, l'ange autrefois associé à l'âme déchue qui se réhabilite, descend la rejoindre et, si elle ne retombe pas dans le péché, il la reconduit au ciel dès que la mort la délivre ; mais, en cas de rechute, il y a damnation.

La condition de "parfait" entraîne toutes les obligations de chasteté totale, de nourriture végétarienne, de jeûnes fréquents, … Ces lourdes obligations font que la plupart des "croyants" ajournent jusqu'à leur dernière heure la réception du consolamentum. S'il est donné à un homme dans la force de l'âge, il est équivalent au sacrement catholique de l'Ordre.
On peut échapper plus vite à la matière en pratiquant l'endura, suicide par inanition après x jours de jeûne total. Ce suicide exceptionnel était admis quand un fidèle ne se sentait pas le courage d'affronter les inquisiteurs.
On comprend que ces hommes austères, dont la vie contraste tellement avec celle de la plupart des clercs catholiques, aient joui d'un grand prestige.

Mode de vie : Les Cathares se déplacent par deux, à pied, en habit noir, portant l'Evangile selon St Jean. Ils vivent de la charité des fidèles et, quand ils ne sont pas en mission, vivent dans des maisons d'hommes ou de femmes. L'Eglise cathare formait une contre-Eglise qui possédait sa hiérarchie. Dans le Midi, il y eut toujours au moins 3 diocèses : Toulouse, Carcassonne et Albi. Il n'a jamais été possible de trouver une trace certaine d'un pape cathare. Les rites étaient très simples : des prières en commun, des chants et des sermons afin de parfaire en chacun la connaissance de l'Esprit. Une seule existence terrestre étant insuffisante pour purifier l'âme, tous progressaient plus ou moins vite, de réincarnation en réincarnation jusqu'au jour où le consolamentum leur ouvrait le chemin du salut.

Croisade et Inquisition : cette Eglise cathare, ennemie et rivale de l'Eglise de Rome, constituait pour le clergé catholique un concurrent redoutable qu'il important à tout prix de détruire. A partir de 1206, Dominique de Guzman (qui deviendra St Dominique) parcourt le pays d'Oc dans les mêmes conditions de dénuement que les ministres cathares. Ce fut l'origine de l'Ordre mendiant des Frères Prêcheurs, les Dominicains, à qui allait bientôt être confiée l'Inquisition. Dominique se rend compte du relâchement incroyable de la moralité du clergé catholique. Il déclare "Je balaie la maison mais je n'en sors pas". Le meurtre de Pierre de Castelnau, légat du pape Innocent III, est la goutte d'eau qui fait déborder le vase et le pape décrète la croisade contre le Midi. C'est donc une croisade contre des princes chrétiens en terre chrétienne, dirigée par Arnaud-Amalric, abbé général de Citeaux, légat du Pape. Les catholiques croyaient purger la terre d'une véritable peste diabolique. A partir de 1209, les villes tombèrent les unes après les autres avec, à chaque fois, massacre général des habitants (Bézier) ou mise au bûcher des cathares (Minerve, Lavaur, Cassès, …). Le conflit prenait également un caractère de guerre nationale car le Midi commençait à se sentir envahi par les gens du Nord. Les chevaliers du Midi vont constituer une troupe errante de "faydits", c'est-à-dire de Hors-la-loi. En 1229, St Louis promulgue l'ordonnance qui est le véritable début de l'Inquisition ; les Dominicains en sont chargés, parfois aidés des Franciscains. L'Inquisiteur accorde aux habitants un temps de grâce d'une semaine pour qu'ils avouent leurs fautes. Terrorisés, les gens s'accusaient eux-mêmes et dénonçaient les autres. L'aveu était un début d'amendement mais tout condamné qui revenait sur un aveu était relaps (= retombé dans l'hérésie) et brûlé aussitôt. L'Inquisiteur était seul juge et pouvait même condamner des gens qui n'avouaient pas. L'Inquisition ne se bornait pas à poursuivre les vivants ; elle s'en prenait aussi aux morts en faisant déterrer et brûler les restes des morts convaincus d'hérésie. C'est ce qui la rendit la plus odieuse et provoqua des soulèvements populaires, à Toulouse et Albi en particulier. A Avignonet, Guillaume Arnaud et ses inquisiteurs sont massacrés ; c'est le début d'un nouveau soulèvement du Midi, soulèvement que St Louis réprime aussitôt.

Il existait un petit village à 8 lieux de Foix au pied d'un rocher escarpé, la montagne sûre (Mount Segur en dialecte roman) au sommet duquel se dressait un château fort appartenant à Raimon Perelha. Il s'agissait d'un temple-forteresse ayant une forme de pentagone (signe sacré pour les Cathares) situé à 1.272 m d'altitude, avec un à-pic de 500 à 800 m. Montségur serait le Montsalvat des romans du Graal. Il devient, en 1232, le refuge des derniers Cathares de la région et est resté le symbole de la résistance. Le Sénéchal de Carcassonne, Hugues des Arcis, vient y mettre le siège en mai 1243 et la garnison se rend le 29 février 1244.Les défenseurs obtinrent la vie sauve et le droit de rester encore 15 jours dans la forteresse à condition de livrer tous les Cathares.
Pas un ne renia sa foi ; au contraire, 11 hommes et 6 femmes obtinrent le consolamentum. Le 16 mars, la forteresse fut livrée et plus de 200 Cathares brûlèrent en un gigantesque bûcher au champ des Cramats. Après la prise de Montségur, quelques places-fortes résistèrent encore puis tombèrent : Quéribus en mai 1255, Puilaurens, Puivert et, le dernier, Niort. L'Inquisition trouvera encore quelques Cathares en 1325, en cherchant bien ! ÐMontségur QuéribusÒ

Quand la forteresse de Montségur fut livrée, les Parfaits n'avaient pas mis le "trésor" en lieu sûr. On ne sait pas en quoi il consistait : argent et pierres précieuses ? Loi de vie gravée sur les tablettes du Graal ? Ce Graal pourrait d'ailleurs être la coupe d'émeraude qui aurait servi à Jésus-Christ pour la cène et qui contint le sang du Christ recueilli par Joseph d'Arimathie ; ou bien ce serait le dernier message des Hyperboréens (civilisation de Thulé) avant leur disparition !!! Toujours est-il que ce trésor a été si bien caché que le secret en est perdu.
Les Allemands, qui ont fouillé les grottes de la région pendant la seconde guerre mondiale, auraient découvert des tablettes sans pouvoir les déchiffrer et les auraient enfouies dans un coffre dans le glacier du Zillertal (Tyrol) d'où il devait ressortir entre 1991 et 1995 ; à ce jour, le glacier n'a toujours rien restitué

Enfin, André Castera, figure emblématique des combats viticoles, a déclaré en 1967 : "Et s'il le faut, le Languedoc redeviendra cathare". Il est mort à Noël 2007 sans voir son souhait réalisé.

Bibliographie en vigueur dans les années 70 : " Saint-Loup Nouveaux Cathares pour Montségur Presses de la Cité - 1969 " Jacques Madaule Le drame albigeois et le destin français Grasset - 1961 " Ernest Fornairon Le mystère cathare Flamarion - 1964 " J-Michel Angebert Hitler et la tradition cathare Robbert Laffont - 1971 " Dominique Paladilhe Les grandes heures cathares Librairie académique Perrin - 1969 " Daniel Rops Histoire de l'Eglise - Tome IV Grasset - 1965 Certains de ces livres n'existent sans doute plus mais d'autres les ont certainement remplacés. Citons, par exemple, "Tramontane" de Michel Esnault, roman historique publié en 2008 chez Publibook, visite à travers l'Aude sur la piste du trésor des Cathares.

Jean-Stéphane Binet

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